Le blog de l'écrivaine féministe Martine Storti vous présente son roman, ses écrits sur le mouvement de libération des femmes après mai 68, sur le réseau francophone de l'éducation d'urgence, ainsi que sur d'autres sujets.
Martine Storti
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"Corps de civilisés et âme de barbares?" Herman Melville Version imprimable Suggérer par mail

Laissons de côté le lieu commun national tant débattu, à savoir si, oui ou non,

il faut laisser de telles multitudes d'étrangers pauvres venir atterrir sur nos

rivages américains; laissons-le de côté, mais avec cette pensée que, s'ils ont

pu arriver jusqu'ici, c'est qu'ils avaient la permission de Dieu de venir, même

s'ils apportent toute l'Irlande et sa misère avec eux.Car le monde tout entier

est le patrimoine du monde entier. Mais laissons tout cela, et voyons un peu

de quelle meilleure façon les émigrants peuvent venir ici, puisqu'ils y

viennent et qu'ils veulent y venir.

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« Pour tous le pain et la lumiere » Victor Hugo Version imprimable Suggérer par mail

A CEUX QU’ON FOULE AUX PIEDS 

Oh ! je suis avec vous ! j’ai cette sombre joie.
Ceux qu’on accable, ceux qu’on frappe et qu’on foudroie
M’attirent ; je me sens leur frère ; je défends
Terrassés ceux que j’ai combattus triomphants ;
Je veux, car ce qui fait la nuit sur tous m’éclaire,
Oublier leur injure, oublier leur colère,
Et de quels noms de haine ils m’appelaient entre eux.
Je n’ai plus d’ennemis quand ils sont malheureux.
Mais surtout c’est le peuple, attendant son salaire,
Le peuple, qui parfois devient impopulaire,
C’est lui, famille triste, hommes, femmes, enfants
Droit, avenir, travaux, douleurs, que je défends ;

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Eugénie Grandet Version imprimable Suggérer par mail

« Charles était un enfant de Paris, habitué par les moeurs de Paris, par Annette elle-même, à tout calculer, déjà vieillard sous le masque du jeune homme. Il avait reçu l’épouvantable éducation de ce monde où, dans une soirée, il se commet en pensées, en paroles, plus de crimes que la justice n’en punit en cour d’assises, où les bons mots assassinent les plus grandes idées, où l’on ne passe pour fort qu’autant que l’on voit juste ; et là ; voir juste, c’est ne croire à rien, ni aux sentiments, ni aux hommes, ni même aux événements : on y fait de faux événements. Là, pour voir juste, il faut peser, chaque matin, la bourse d’un ami, savoir se mettre politiquement au-dessus de tout ce qui arrive ; provisoirement ne rien admirer, ni les oeuvres d’art, ni les nobles actions, et donner pour mobile à toute chose l’intérêt personnel. »

 

Eugénie Grandet. Honoré de Balzac.

 

 

 
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