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Années Libé |
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"Libé avait son actualité et sa manière à lui de la traiter, de faire des enquêtes et des reportages, de consacrer parfois plusieurs pages à ce qui n'était même pas digne d'une brève dans les autres journaux, d'afficher un irrespect à l'égard des institutions, des normes, des tabous. Le quotidien proposait aussi des rubriques inédites, faisait circuler des informations militantes, ouvrait ses colonnes à des anonymes car en ce temps-là, il n'était pas besoin d'être connu et reconnu pour avoir droit à l'expression.... Vint le moment, bien avant 1981, même s'il n'est pas possible d'en fixer exactement la date, où l'aventure journalistique remplaça l'aventure militante..." ( Un chagrin politique. Page 154) |
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Histoires d'elles |
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"... Un soir avec des copines, on s'est dit : "et si on faisait un journal !" C'était en juin 1976, le juin de la canicule. Un appartement haut perché, les fenêtres ouvertes sur le Jardin des plantes, un dîner chez Marie-Odile Delacour, avec Evelyne Le Garrec et Hélène Bellour. Habituelles lamentations, Marie-Odile et moi, nous racontions nos malheurs à Libé et Evelyne les siens à Politique Hebdo. C'était les mêmes : les papiers qui passaient difficilement, les injonctions à "prendre des distances avec le Mouvement", surtout l'obligation de se couler dans un moule, dans un style, dans une manière de traiter l'information... Et des verres de Sidi-Brahim aidant, l'idée du journal a surgi, un journal fait par des femmes, mais pas un journal féminin |
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