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Extraits d'articles Robert Redeker, Le Monde, 17 février 2006 Trente-huit ans nous séparent de Mai 6. Et pourtant la trace demeure brûlante. S'écartant de la fade question, battue et rebattue : "que reste-t-il de Mai 68 ?", Martine Storti entreprend d'approcher par le roman une question beaucoup plus importante : "qu'avait d'irréductible Mai 68 ?"... L'espace de 32 jours, le mur temps s'était ouvert, avait laissé entrer dans sa suspension l'histoire et les vies, dont celles de Jeanne et de Louise. Puis il s'était refermé à nouveau, rejetant dans la norme de l'histoire ceux et celles qu'il avait laissés entrer - c'est cela la mort de Louise et l'extinction de Mai, le retour au temps normal, au temps ordinaire de la vie et de la politique. Nietzsche et Lou Salomé aussi se retrouvèrent jetés dans la vie ordinaire, se réveillant avec la "gueule de bois", indignes d'eux-mêmes, après que les portes du temps se furent ouvertes devant eux, qu'ils s'y furent frayé un passage, du côté d'Orta, un autre mois de mai. autrement dit, comme l'amour, et c'est là, semble-t-il, le message de l'auteur, Mai fut un événement métaphysique -sans, bien entendu, que "métaphysique" ne soit un adjectif édulcorant le sens politique de Mai, c'est même plutôt l'interprétation purement politique qui, paradoxalement, en édulcore le sens politique. Ce mois de mai fut celui du temps suspendu. L'irréductible de Mai 68 est là : dans cette suspension du temps, dans cette fusion de l'histoire et de l'existence vécue par Louise et Jeanne, dans l'insaisissable je ne sais quoi de ces brèves semaines. Sans aucune complaisance ni aucun romantisme facile, l'écriture permet à Martine Storti de se retrouver au coeur de ce qui s'est perdu, l'essentiel irréductible de Mai.
Pour lire l'article de Robert Redeker publié dans le Tageblatt Michel Rouger, Ouest France, 10 février 2006 Au milieu de l'abondante littérature sur mai 68, il manquait sans doute un roman dépassant les événements et les apparences pour nous faire accéder aux cheminements individuels, aux rencontres improbables, aux bouleversements intimes qui ont fait de ces quelques semaines un moment de rupture durable dans les mentalités. 32 jours de mai est celui-là... Bernard Langlois, Politis, 16 février 2006 (...) Grâces soient rendues à Martine Storti qui dans un court roman palpitant de vie, de générosité, d'amour, de talent aussi, sait lui faire justice, en restituer la vraie dimension, celle d'une levée en masse de tout un peuple face à l'injustice sociale ... Mathilde Larrère, Parutions.com, 6 mars 2006 (...) 32 jours de mai est avant tout un cri du coeur, très personnel... Raymond Vidal, Le Patriote, 7 avril 2006 (...) La réussite de ce livre, chaleureux, fougueux, tendre et critique, est due à un savant travail de vannerie qui entrelace trois récits... Jean-François Chalot, Ufal 29, 10 avril 2006 (...) Il ne s'agit pas d'une énième lecture de ce "joli mois de mai" mais d'une oeuvre très originale (...) La plume alerte est rapide : le rythme et la réflexion se combient harmonieusement pour notre plaisir... Roland Pfefferkorn, La Marseillaise, 27 avril 2006 (...) Grâce à son style heurté, hésitant, plein de doutes aussi, l'auteur arrive à nous faire partager les éblouissements des commencements qui mêlent, pour un temps au moins, bonheur privé et bonheur public. Pierre André Dupuis, Drôle d'époque, printemps 2006 (...) Ce que montre le très beau livre de Martine Storti c'est, au fond, la façon dont un événement peut entrer en culture, c'est-à-dire devenir bouleversant même pour ceux qui ne l'ont pas vécu. Les Pénélopes, juin 2006 Mai? 68, bien sûr, Jeanne et Louise sont actrices des événements, réfléchissent, réinventent le monde, l'amour aussi... Michel Enaudeau, Vient de paraître, Cultures France, juin 2006 (...) Occasion d'une multitude d'ouvrages, Mai 68 ne s'est guère trouvé préposé au roman. En voici un qui emporte le lecteur, qu'il ait ou non été contemporain des "événements". La construction narrative ingénieuse, menée à bien, la clarté de la langue, conduite par une intelligence sans complaisance ni injustice à l'égard de ce à quoi on a cru, une sensibilité vive et retenue font de ce beau premier roman une réussite évidente. Un essai de Martine Storti, Un chagrin politique,a précédé de quelques années son roman. De quel deuil cette fois s'agit-il? (May 1968 has been the source of many works but has not proven to be much predisposed to being the subject of a novel. But here is one that sweeps away the reader, whether or not that reader had been a contemporary of the events. The ingenious narrative structure is successful and the clear language is guided by an intelligence that is neither complacent nor judgmental in relation to expectations of the topic. Its lively and restrained sensibility makes this first novel an obvious success.) Martine Laroche, Illico.com, 15 juin 2006 (...) Martine Storti nous offre un livre sur la grâce de l'inachevé, comme Mai Georges Ubbiali, Dissidences, août 2006 Martine Storti a raconté son expérience et l'impasse de l'arrivée de la gauche au pouvoir dans un très beau témoignage, Un chagrin politique, paru en 1996. Avec ce nouveau livre, elle change de registre pour adopter celui de la fiction, mais sans changer vraiment de sujet (...) La prose de Storti est l'occasion de revenir sur la foudroyance des jours que constituèrent ceux du mois de Mai pour une jeune femme qui a cru que vraiment le monde basculait... Pierre Salducci, La référence, août 2006 (...) Martine Storti signe un véritable bijou avec son récit politico-amoureux (...) Écrit avec le cœur et la sensibilité d'une femme de gauche, le roman de Martine Storti est une admirable reconstitution des journées historiques de mai 68 et on apprend beaucoup à sa lecture. On voit comment les gens ont vécu les grèves et les manifestations de l'intérieur, comment tout s'est organisé dans le chaos et l'euphorie, mais aussi comment le pouvoir a réagi, soutenant des contre-manifestations et utilisant un vocabulaire qui nous est depuis resté familier, assimilant toute réaction d'opposition à du terrorisme (déjà !) et considérant les opposants comme de la racaille. Plus encore, 32 jours de mai expose parfaitement les déchirements internes au sein des familles et des institutions, décrit la chute du mouvement, et propose une analyse profonde de cette tentative avortée, expliquant pourquoi ça n'a pas marché et pourquoi tant de gens se sont recentrés par la suite, abandonnant leurs idéaux de jeunesse. Un livre qui pourrait être triste finalement, ou pessimiste, s'il n'y avait l'amour, deux femmes qui vont jusqu'au bout de leurs rêves et réussiront à se retrouver malgré les espoirs déçus, la mort qui rôde et la société qui s'écroule tout autour. Remarquable d'intelligence d'un bout à l'autre. Tout simplement magnifique.
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