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| Des french doctors aux french teachers! |
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J'ai remis au ministre de l'Education nationale, en mars 2005, un rapport de propositions pour la création d'un dispositif français permettant l'intervention éducative en situations de crise et de post-crise. Je rends publics quelques constats et propositions qui peuvent donner des idées aux uns et aux autres, aux établissements scolaires, aux universités, aux rectorats, aux ministères, aux associations, aux collectivités territoriales, aux individus...
1 L'éducation en situations d'urgence, de crise et de post-crise : une exigence qui a fait son chemin ASSOCIER LES MOTS EDUCATION? URGENCE? CRISE? N'EST-CE PAS PARADOXAL? L'éducation, par essence, ne suppose-t-elle pas la durée, la lenteur, la stabilité, la tranquillité et même un minimum de confort ? Et pourtant, combien d'enfants dans le monde, vont à l'école dans des conditions matérielles, sociales et psychologiques extrêmement difficiles et précaires ? Combien d'enfants aussi n'y vont pas et voudraient y aller ? Pour n'évoquer que quelques observations personnelles, ce désir d'école, j'ai pu en prendre la mesure et le voir à l'oeuvre pendant l'été 1999, lorsque les réfugiés kosovars ont commencé à rentrer chez eux, venant des camps d'Albanie et de Macédoine. Je l'ai retrouvé, identique, non, encore plus vif, lorsque les jeunes afghans, filles et garçons, et leurs professeurs, femmes et hommes, se sont assis, dans le froid de l'hiver 2002 et avant même la rentrée scolaire officielle, dans des locaux en ruine ou sous des tentes de fortune, au sortir de la nuit des talibans qui avait des années durant, recouvert leur pays. Et même pendant cette sombre et cruelle période, des professeurs courageux ont continué, on le sait, à enseigner à des garçons et à quelques filles. Et je l'ai encore constaté, en janvier 2005, dans les pays d'Asie du Sud ravagés par le tsunami. A ces témoignages personnels, d'autres pourraient être ajoutés, faits par tous ceux qui, à un moment ou un autre, dans tel ou tel pays, ont pu être confrontés à cet appétit d'école, ainsi qu'à ce défi de l'éducation en situations d'urgence que la communauté internationale doit relever, hélas sans cesse davantage, compte tenu de la persistance des antagonismes politiques, sociaux, ethniques, religieux qui ont des effets toujours désastreux pour les populations et singulièrement les enfants. Conflits, guerres, crises, situations d'instabilité, catastrophes naturelles, camps de réfugiés, installations précaires dans des villages en ruine, dans des quartiers détruits, l'école est une nécessité qui demeure, un désir qui doit être satisfait, une exigence à laquelle il faut répondre. Soigner, nourrir, vêtir, abriter, consoler oui. Et aller à l'école. Depuis plus d'une décennie maintenant, un pas a été franchi. Le Forum mondial sur l'éducation pour tous qui s'est tenu à Dakar en avril 2000 et qui a organisé une session sur le thème " Eduquer en situations d'urgence et de crise " a invité, dans une recommandation, les pays à " répondre aux besoins de systèmes éducatifs subissant le contrecoup de conflits, de catastrophes naturelles ou de situations d'instabilité ". 2 Un champ peu investi par la France *Peu investi par l'Etat : Le ministère de l'Education nationale, quant à lui, conduit ses actions de coopération éducative traditionnelles et ne dispose pas des intruments permettant une intervention éducative en situations d'urgence. Les actions moins habituelles menées au Kosovo à partir de l'été 1999 et en Afghanistan à partir de janvier 2002 (dans les deux cas réhabilitations/reconstructions d'établissements scolaires, appui à la rescolarisation, appui aux enseignants, en partenariats avec des collectivités territoriales, des ONG ou des associations) n'ont hélas pas débouché sur une inscription institutionnelle d'un dispositif. Contre toute attente, le seul ministère à intervenir (en particulier nettoyage-réhabilitation-reconstruction d'écoles et même parfois appuis aux élèves et aux enseignants) est le ministère de la Défense nationale, lorsque la France, pour une raison ou une autre, envoie des forces armées sur le terrain et qu'elles comprennent des personnels relevant des ACM (Actions civilo-militaires). Par ailleurs, il faut noter, s'agissant de l'intervention, tous domaines et secteurs confondus, en situations de crise et de post-crise, que la France ne possède pas une agence (souvent en charge et de l'intervention d'urgence, du post-crise et de la coopération) à l'instar de nombreux pays (DFID pour la Grande Bretagne, USAID pour les Etats-Unis, GTZ pour l'Allemagne, CIDA pour le Canada, SIDA pour la Suéde, DANICA pour le Danemark, d'autres encore). *Peu investi par les ONG et associations Citons toutefois Aide et action (surtout des actions de parrainage pour l'accès à l'école primaire) ou encore Solidarité Laïque qui conduit des programmes d'actions éducatives (distribution de fournitures, réhabilitations d'écoles, soutiens et partenariats pédagogiques, appui administratif), par exemple en Afghanistan ou en Haïti ou au Sri Lanka. *Peu investi par les universités, les instituts ou centres de recherche sur l'éducation . Il est donc impossible de ne pas faire le constat d'une absence, à tout le moins d'une présence fort relative de la France dans ce champ. Pourtant, pendant les années 90 et surtout depuis le début de ce siècle, des membres d'ONG, des acteurs de terrain, des chercheurs, des responsables d'organisations internationales et multilatérales, en particulier dans le cadre du HCR, de l'UNICEF, de l'UNESCO, de la Banque mondiale, ont conduit des interventions dans ce domaine, confronté leurs expériences, tiré les leçons des actions entreprises, affiné l'approche des problèmes, élaboré des procédures d'intervention, formé des intervenants. Ainsi se sont créés des regroupements et des réseaux, par exemple le très actif réseau INEE (inter-agency network emergency education-réseau inter-agences pour l'éducation d'urgence), qui s'est constitué en novembre 2000 dans la foulée du sommet de Dakar sous l'égide de l'UNESCO, de l'UNICEF, du HCR, et qui regroupe, outre des adhérents individuels, des représentants d'agences onusiennes, de certains ministères de l'éducation, des ONG (notamment Save the children, Care, International rescue committee, Conseil norvégien pour les réfugiés, Catholic relief services...) des acteurs de terrain, des experts, des chercheurs. Ce réseau défend depuis plusieurs années la cause de l'emergency education et travaille à la circulation de l'information, la confrontation des expériences et des pratiques, l'ouverture de débats. Il a aussi élaboré, à travers plusieurs consultations organisées dans le monde entier (Afrique, Asie, Amérique latine, Moyen Orient, Europe), des normes minimales d'éducation en situations d'urgence, de crise et de post-crise réunies depuis décembre 2004 dans un guide utilisable dans sa version papier et consultable en ligne. Ces normes visent différents objectifs (obtenir un minimum de qualité de l'éducation en situations de crise, améliorer la capacité prévisionnelle des acteurs humanitaires, fournir des outils pour l'action...). Pourtant, dans le domaine de l'éducation comme dans bien d'autres, ce sont dans des réseaux de ce genre, dans des forums, des réunions et colloques que se forgent les problématiques, représentations, concepts, outils, normes qui deviendront vite ceux de la communauté internationale. C'est aussi là que se joue l'influence. Ce serait une erreur d'estimer que l'influence ne s'exerce et ne se développe qu'à travers la formation des élites. De surcroît, s'agissant de l'éducation, entre urgence, réhabilitation, reconstruction, développement, les frontières sont floues, les besoins superposés, la transition rapide : ce qui s'amorce dans l'urgence se poursuit dans les phases suivantes et débouche le plus souvent sur des positionnements de coopération. Pour le dire sans ambages, si la compassion à l'égard du genre humain en général et des enfants en particulier, si la conviction que l'éducation est un droit pour tous ne sont des motivations suffisantes à certains, l'intérêt bien compris devrait combler ce manque ! 3 Contextes, situations, besoins et tâches Si les situations peuvent être variables et si chacune a ses spécificités et ses particularités, quelques caractères cependant sont souvent récurrents : interruption, voire impossibilité du fonctionnement antérieur, problèmes d'eau, de soins, d'hébergement, difficultés d'approvisionnement, déplacements des populations, destructions des maisons, des services sociaux, des infrastructures de communication, habitats précaires, camps de réfugiés, insécurité, poursuite éventuelle du conflit, rupture des circuits de financements, activités économiques interrompues, pertes des revenus etc. Par ailleurs ces situations, pas toujours mais souvent, surtout si elles ont été fortement médiatisées, sont le théâtre de nombreux acteurs : aux populations et autorités du pays s'ajoutent en effet les " internationaux ", c'est-à-dire des ambassades, des forces armées, des agences onusiennes, des organisations internationales et multitalérales, des bailleurs, des ONG, acteurs nombreux, chacun avec ses enjeux, ses objectifs, ses moyens, ses intérêts et dont la coordination est à la fois absolument nécessaire et quasi impossible. Donner une réalité à l'éducation en temps de crise et d'immédiate post-crise, contribuer à une rescolarisation aussi rapide que possible, de tels objectifs supposent que les besoins soient identifiés. Encore une fois, par delà des particularités, et avec la conscience qu'aucune situation n'est semblable à une autre, il est possible, en dressant le tableau à très grands traits, d'énoncer les besoins les plus fréquents, sachant que la transition est souvent rapide entre la phase d'extrême urgence, celle de la réhabilitation, celle de la reconstruction : installation de lieux permettant la reprise d'activités d'enseignement, Je le répète, c'est un tableau brossé à très grands traits. Et aucune situation ne ressemble à une autre. C'est la raison pour laquelle la première tâche à accomplir, si l'on souhaite apporter une aide efficace, est d'organiser une mission de terrain destinée à prendre la mesure de la situation, de son contexte, à faire une évaluation aussi complète que possible des besoins dans le domaine de l'éducation, des ressources locales disponibles, des acteurs et opérateurs locaux et internationaux potentiels. Cette première mission d'identification est importante, essentielle. Les actions éducatives devront être identifiées, construites et mises en oeuvre avec les populations qu'elles concernent, sans prétendre apporter et encore moins imposer un modèle et en tenant compte des réalités et spécificités régionales. 4 Huit propositions L'émotion, les bonnes volontés, la générosité sont nécessaires. Elles ne sont pas suffisantes. L'éducation nationale dispose, à l'évidence, de ce potentiel d'engagement, de générosité, de compétences. Proposition 1 : constituer un réseau d'intervenants. Qui ? En effet les besoins étant variés et parfois variables selon les situations, une diversité de compétences peuvent être utiles et utilisables. Deux paramètres incontournables : que ces personnels soient volontaires, qu'ils maîtrisent l'anglais . Par ailleurs capacités d'adaptation, disponibilité, compétences dans les secteurs correspondant aux besoins. Capacités d'écoute aussi, d'ouverture, de respect et, ajoutons-le, de modestie : ne pas arriver sur le terrain en pensant tout savoir ou avec la volonté d'imposer ses modèles. Pour quoi faire ? Ainsi se constituerait un réseau de " french teachers " (ce mot pris dans un sens large), motivé et prêt à agir le moment venu. Proposition 2 : constituer un réseau d'établissements * Identifier les établissements (écoles, collèges, lycées, grandes écoles, universités, IUT, IUFM...) prêts à s'investir dans un certain nombre de missions et tâches, sur la scène française ou dans la zone concernée. * L'identification des deux réseaux sera principalement effectuée par les recteurs, mobilisés par un appel du Ministre. Sera constituée dans chaque rectorat une petite cellule en charge de cette identification, de la circulation de l'information, de la mise en réseau des personnels et des établissements. Cette cellule sera en correspondance avec la coordination centrale (voir ci-dessous). Un profil plus précis des intervenants à identifier sera élaboré et fourni aux rectorats Remarques :Ce travail d'identification, tant des personnes que des établissements, pourra s'appuyer sur des réseaux, compétences, activités déjà existants (missions à l'étranger, actions de solidarités, de coopération ou d'aide au développement, écoles associées de l'Unesco...) Les missions de courte durée sont statutairement possibles pour les personnels (Etude en cours par la direction des personnels enseignants sur les modalités des missions à l'étranger). Sauf la première mission d'identification, les missions pourront être organisées relativement à l'avance. Proposition 3 : construire la formation des intervenants L'intervention en situation d'urgence suppose une formation. Les compétences peuvent évidemment s'acquérir sur le terrain. Mais l'efficacité est d'autant plus grande que les réalités ont été anticipées. Formation continue : * Cette formation aura pour objectif l'appropriation des expériences, travaux, outils savoirs, savoirs faire relatifs à l'éducation en situations d'urgence, qui a des points communs avec l'éducation en général mais aussi ses spécificités, bref s'approprier une culture. On pourrait commencer par une formation pilote centralisée (positionnée à l'ESEN -Ecole supérieure de l'éducation nationale - ou au CIEP - Centre international d'études pédagogiques). Ultérieurement une formation à l'éducation en situations d'urgence serait inscrite dans les PAF (plan académique de formation). Ces formations pourront être organisées en partenariat avec des organisations internationales ou des ONG, françaises et étrangères. A signaler des formations existantes se déroulant en France, telle celle organisée par l'IIPE (Institut international de planification de l'éducation) et la Banque mondiale sous la forme d'une Université d'été de deux semaines à Paris ou bien la formation organisée par l'Union européenne et l'ENA " formation aux enjeux civils de la gestion des crises " qui comprend un petit volet consacré l'éducation en situations d'urgence (post-crise et reconstruction). Les modules de formation créés pourraient aussi bénéficier, le cas échéant, aux attachés humanitaires positionnés dans les ambassades françaises ainsi qu'aux conseillers de coopération et d'action culturelle (souvent issus de l'éducation nationale) Ainsi pourrait s'acquérir une culture de l'éducation en situations d'urgence et se développer le réflexe de penser rapidement aux enjeux de l'appui éducatif. Formation initiale A signaler ici le travail commencé par l'université Toulouse I avec, en octobre 2004, l'organisation de rencontres Universités/ONG, et les projets de création d'un " répertoire des actions Universités/ONG en France " et de mise en place d'une coordination " Fac.sans frontières " pour " répondre à des situations d'urgence internationale dans le domaine universitaire" en regroupant " un certain nombre d'universités, d'enseignants et d'étudiants motivés ". Organiser une réunion avec les universités et la CPU (conférence des présidents d'université) autour de ces enjeux. Proposition 4 : organiser la communication * Populariser au sein de l'éducation nationale la thématique " éducation en situations d'urgence " de manière à développer le réflexe de l'éducation comme composante de l'humanitaire. Outils : site internet pour informations, ressources, mise en réseau des intervenants (personnes et établissements), liens interactifs avec les webs rectoraux, liens avec les autres sites qui existent sur le même thème etc. * Inciter les instituts de recherche et d'études français à travailler le champ de l'éducation en situations d'urgence. Pour ne citer que deux exemples étrangers, parmi d'autres, j'indique que le centre d'études sur les réfugiés de l'Université d'Oxford travaille ces questions et vient de publier un numéro de la revue " Migration forcée " titré : " L'éducation dans les situations d'urgence : l'apprentissage pour un futur paisible " ou encore que la Columbia University pilote un programme de recherches sur ce thème. Proposition 5 : constituer un pôle d'opérateurs partenaires Pour conduire et mettre en oeuvre les appuis et interventions de terrain, il faut identifier des opérateurs, opérateurs qui peuvent varier selon les zones et les activités conduites. Cette nécessité concerne particulièrement les projets de création de lieux scolaires ou de réhabilitation/reconstruction d'établissements. Il est enviseageable de passer, en amont, une convention cadre, un peu sur le modèle du contrat cadre de partenariat d'ECHO (Office d'aide humanitaire de la commission européenne) avec des ONG existantes qui ont déjà une expérience dans ces domaines et qui deviendraient des partenaires en quelque sorte a priori du ministère. A titre de sondage, j'ai approché deux ONG françaises, ACTED et Solidarités, qui toutes deux ont déjà travaillé avec des ministères français ou des organisations européennes notamment dans les domaines de la réhabilitation/reconstruction d'infrastructures, d'abris, d'habitats, d'écoles... Je souligne à nouveau que l'engagement dans des réhabilitations/reconstructions/ équipements d'établissements scolaires, voire universitaires, facilitent grandement les appuis et partenariats pédagogiques. Proposition 6 : mettre en synergie des financements publics et privés. La " contribution du ministère de l'éducation nationale à l'aide et à l'appui éducatifs en situations de crise et de post-crise " a un coût.Il faut en effet pouvoir financer le travail à conduire en amont (organisation, identification, formation, communication...), les missions et les actions de terrain. Si certains des financements peuvent être estimés en amont, d'autres dépendent, à l'évidence, de l'ampleur des actions conduites. Et qui dit urgence et crises dit imprévisibilité (du moins partielle) et nécessité d'un décaissement rapide. A ma connaissance, dans sa configuration financière actuelle, le MENESR ne dispose pas d'un fonds d'urgence ou d'une ligne de crédits de crise pour une action à l'international. De même on m'indique que les règles des financements publics interdisent de disposer d'une réserve, d'une caisse spéciale pour des actions ou interventions non programmées à l'avance. Une étude en cours menée par la direction des affaires financières dira s'il est possible de trouver ou de créer cet outil financier. Du côté des collectivités territoriales : A titre d'exemple, ce sont principalement des collectivités territoriales qui ont financé les opérations françaises de reconstructions et d'équipements d'écoles et de lycées au Kosovo à partir de l'automne 1999 et de certaines opérations d'appui pédagogique (notamment les régions Rhône Alpes, Ile de France, Champagne Ardennes, Lorraine, Basse Normandie, villes de Caen, de Lutterbach, de Paris, de Toulouse...) A d'autres occasions encore, les collectivités territoriales françaises ont témoigné de leurs capacités de mobilisation et d'engagement dans des situations de crise et de post-crise (conflit ou catastrophe naturelle) tandis qu'elles ont à leur avantage des procédures financières relativement souples et rapides (plus que celles de l'Etat). On pourrait d'ailleurs imaginer que ces collectivités - ou certaines d'entre elles - affectent un pourcentage, petit mais régulier, de leur budget éducatif à un fonds qui serait consacré à des actions éducatives en situations d'urgence (en particulier des reconstructions et d'équipements d'établissements scolaires). Ceci n'étant pour le moment qu'une hypothèse, ou une suggestion. Il est certain qu'ajouter, à la synergie évidente des expertises et compétences éducatives entre le ministère de l'Education nationale et les collectivités territoriales, une synergie financière serait profitable à l'action. Du côté des financements privés : A une générosité qui s'exerce parfois à l'aveugle, sans projets, il conviendrait de substituer une générosité ciblée et l'urgence éducative constitue à coup sûr un fléchage pertinent. Ainsi cette combinaison de financements serait-elle la bonne manière de faire avancer dans la pratique la cause de l'éducation en situations d'urgence. Proposition 7 : créer le GIP " France urgence éducation " ou FURED A l'évidence, la préparation de l'action et l'action elle-même supposent impulsion, coordination, planification, pilotage, organisation. Pour remplir les tâches, missions et actions précédemment évoquées et pour associer financements publics et privés, il faut une structure porteuse qui ne peut pas se confondre avec une direction de l'administration centrale. Cette structure pourrait être un groupement d'intérêt public (GIP), structure légère et souple, disposant de la marge de manoeuvre qu'exige la réactivité nécessaire. Dans leur rapport de l'automne 2004, La rénovation de l'expertise technique, un défi français, E.Wattez et C. Connan soulignent que différents ministères disposent d'organismes (association, GIP ou société anonyme) visant " à rendre l'offre française plus compétitive dans la compétition internationale " et notent : " il est frappant de constater que c'est dans les secteurs où n'existe aucune structure de ce type (éducation et santé) que les parts de marché française sont les plus faibles et même dérisoires ". (Depuis un GIP santé a été créé). Ce GIP pourrait regrouper, sous réserve d'une étude juridique plus précise, outre le MENESR, d'autres partenaires (examen à conduire : le CIEP ? Des collectivités territoriales (ou des associations les rassemblant) ? la Caisse des dépôts consignations ? (qui a participé naguère à la structure Développement local Balkans avec le MAE et des collectivités territoriales). Proposition 8 : créer une cellule, temporaire, pour la mise en route de ces propositions. * Cette cellule, placée sous l'autorité directe du Ministre, pourrait être composée d'au moins trois personnes (plus un secrétariat). * Cette cellule, temporaire, procéderait à la création du GIP " France Urgence Education ", et commencerait, missionnée par le Ministre :
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