Le blog de l'écrivaine féministe Martine Storti vous présente son roman, ses écrits sur le mouvement de libération des femmes après mai 68, sur le réseau francophone de l'éducation d'urgence, ainsi que sur d'autres sujets.
Martine Storti
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La somme de nos lâchetés particulières Version imprimable Suggérer par mail

Article paru dans Libération du 21 février 2009

"La somme de nos lâchetés particulières" 

Samedi, "Monsieur le flic..."

Le héros du dernier film de Costa Gavras, Eden à l'Ouest, prépare son entrée en France en apprenant la langue de ce pays qui, espère-t-il, va l'accueillir à bras ouverts. Il s'exerce notamment à dire correctement : "merci monsieur l'agent". Sage précaution. Mon père, lui, a appris le français sur le tas, c'est-à-dire à l'usine, dans les bistros, les dancings. Un jour, pris alors qu'il conduisait sans permis et qu'il voulait se montrer vraiment poli et respectueux,  il ne cessa de répéter, "oui, monsieur le flic", " merci monsieur le flic", n'ayant jamais entendu parler de la gente policière autrement que sous l'appellation de "flic".

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A propos de l'identité nationale... Version imprimable Suggérer par mail

Extrait de mon livre :  "Un chagrin politique" 1996. Où il est question d'identité nationale et d'identité française...

Etait-ce parce que j'étais moi-même fille d'immigré que j'ai vécu cette question comme une affaire personnelle? Sans doute. Encore que je fasse partie de ceux qui jugent qu'il y a des principes pour lesquels il faut se battre, même si leur mise en cause ne renvoie pas à une situation personnelle. Je n'ai jamais eu à souffrir d'avoir un père italien. Mais il est vrai qu'en entendant les propos sur les immigrés d'aujourd'hui, je ne pouvais m'empêcher de songer à ceux tenus avant-guerre à l'égard des immigrés italiens, ou aux émeutes anti-italiennes dans le sud-est de la France à la fin du siècle dernier. Ni aux réflexions entendues par ma mère lorsqu'elle épousa mon père, un « macaroni ».

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En italien, il ne parlait jamais...Septembre 2009 Version imprimable Suggérer par mail
Vient de paraître un livre collectif

Enfants d'Italiens, quelle(s) langue(e) parlez-vous? 

Textes et témoignages recueillis par Isabelle Felici et Jean-Charles Vegliante

 

J'y figure avec un court texte "En italien, il ne parlait jamais".

 

Il ne parlait jamais italien. Sa langue maternelle à lui, qui est pour moi une langue paternelle, il ne la parlait jamais. En tout cas pas à la maison. Il avait ses raisons. "Votre mère est française, répétait-il à ses filles, vous aussi vous êtes françaises, vous allez à l'école française, l'italien, ça vous troublerait, ça vous empêcherait de réussir". Pensait-il vraiment cela? Je ne saurais le dire, même si j'ai la certitude qu'il appartenait à cette sorte d’immigré qui considère qu’un étranger doit s’intégrer, s’assimiler, se fondre dans son pays d’adoption, ne pas se distinguer. Aucune affirmation communautaire en effet de sa part, aucune revendication d’italianité, aucune culture d’une différence. Et même pas de contacts privilégiés avec d’autres Italiens. Ainsi je n’ai jamais entendu parler dans mon enfance des communautés italiennes présentes dans la région parisienne, par exemple celle, pourtant importante et géographiquement proche, d’Argenteuil, commune voisine de Colombes, où nous habitions. Peut-être avait-il aussi d'autres raisons que celles qu'il affichait, une paresse ou plutôt une fatigue, après les longues journées passées à l'usine, qui lui ôtait l'envie d'apprendre à ses enfants l'italien ? A moins qu'il n'ait pas eu le désir de parler avec sa famille française une langue qui le renvoyait à un pays qu'il avait, un jour, décidé de quitter?

 
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En Iran, mars et avril 1979 Version imprimable Suggérer par mail

En 1979, du 18 mars au 2 avril j'étais en Iran. C'était juste après les manifestations des femmes qui, dans les rues de Téhéran, avaient montré leur opposition au tchador et juste au moment de la campagne relative au referendum sur la République islamique.
Au printemps 2009, au moment des manifestations en Iran et des réunions ou meetings de soutien en France, j'ai ouvert le carton "Iran". J'ai retrouvé des tracts de l'époque, des coupures de presse, des photos, j'ai retrouvé mes notes, nombreuses, faites d'entretiens en particulier avec des femmes iraniennes, féministes ou non, musulmanes ou non. Sans doute ferais-je quelque chose de ces notes.
J'ai retrouvé aussi les articles alors écrits qui donnent une idée et de la réalité sinon iranienne du moins téhéranaise du moment et de l'approche que j'ai pu alors en avoir.
Il me semble qu'ils peuvent à tout le moins avoir quelque intérêt pour celles et ceux qui ne sont pas indifférents à l'Iran, aux luttes que d'autres femmes et d'autres hommes mênent à nouveau pour leur liberté et une vie meilleure.

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A propos de la série Ecoles en France Version imprimable Suggérer par mail

Article publié en avril 2006 par la revue du CNDP Télédoc 

 

D’avance on s’en était réjoui. Comment ne pas se réjouir, en effet, à la perspective de passer presque quatre heures dans la compagnie d’enfants, de partager un peu de leur quotidien scolaire en pénétrant dans ce lieu si fermé aux adultes, quand ils ne sont pas enseignants, qu’est la classe ? Comment ne pas approuver aussi cette envie, précisée d’emblée dans le commentaire, de comprendre pourquoi, selon ce qu’affirme une enquête de l’OCDE de 2003, « les enfants français sont les plus stressés du monde développé », ou encore pourquoi, c’est le commentaire encore qui le dit, « 15 % des élèves sortent de l’école élémentaire en maîtrisant mal la lecture et l’écriture » ?

Trois épisodes d’une heure quinze donc, chacun avec un titre spécifique : « Plaisir d’apprendre ? », « Apprendre à vivre ensemble », « Tête bien pleine et tête bien faite ». Trois épisodes tournés au cours de la même période - soit de la rentrée de septembre 2005 aux vacances de la Toussaint - dans quatre écoles, l’école militaire d’Autun, l’école Jean Moulin à Domont dans le Val d’Oise, l’école Montessori à Paris, l’école Antoine-Balard à Montpellier.

 

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