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| Ces pauvres émigrants.... Guillaume Apollinaire |
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Tu regardes les yeux pleins de larmes ces pauvres émigrants Ils espèrent gagner de l’argent dans l’Argentine Et revenir dans leur pays après avoir fait fortune Une famille transporte un édredon rouge comme vous transportez votre cœur Cet édredon et nos rêves sont aussi irréels Quelques-uns de ces émigrants restent ici et se logent Rue des Rosiers ou rue des Écouffes dans des bouges Je les ai vus souvent le soir ils prennent l’air dans la rue Et se déplacent rarement comme les pièces aux échecs Il y a surtout des Juifs leurs femmes portent perruque Elles restent assises exsangues au fond des boutiques ... . Extrait de « Zone », Alcools Guillaume Apollinaire, 1913 Éditions Gallimard, coll. Pléiade, Paris,1959 |
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