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| "Sartre ou l'âge des passions". (19 décembre 2006) |
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A propos du téléfilm de France 2, "Sartre ou l'âge des passions", Anne Zélensky écrit :
"On a beaucoup encensé ce téléfilm. Qui tourne tout entier autour de Sartre. Un Sartre péremptoire, monsieur qui-sait-tout, qui part au quart de tour sur n’importe quel sujet, qui est boulimique d’écriture, de voyages, de prises de position, de femmes…Toujours flanqué de son alter ego, elle, Simone de Beauvoir. Alter ego ? Ou faire valoir ? Car elle aussi, elle gravite dans l’orbite du grand homme. Toujours dans son sillage, observatrice critique, conseillère, l’air grave voire douloureux. Jamais un sourire. Dame ! c’est qu’il faut les supporter les frasques du petit homme ! On nous parle de leur pacte, amour nécessaire, amours contingentes. Bien commode ce pacte pour autoriser toutes les gallipettes compulsives du bonhomme. Mais le Castor ne se privait pas elle non plus, même si elle était plus mesurée en la matière. Plus mesurée parce que plus équilibrée. Elle n’avait pas à compenser un physique ingrat et une enfance difficile, il faut le souligner. Même pas une allusion à Algren pour lequel elle avait failli quitter Sartre il y a quelques années ? Et Lanzmann avec qui elle doit avoir une relation à l’époque du téléfilm ? Et ses amies de cœur et de corps ? Pas un mot. Au contraire on nous la caricature sanglotante à Cuba : une crise de blues au motif que ça fait un bail que personne ne l’a prise dans ses bras ! Pure fiction, cette scène. Anne Zelensky. C’est avec plaisir que je reproduis dans ce bloc-notes le commentaire que fait Anne Zelensky du téléfilm « Sartre ou l’âge des passions » diffusé par France 2 la semaine dernière, les 11 et 12 décembre et en effet médiatiquement encensé. C’est d’ailleurs cela qui ne lasse pas d’étonner. Ou bien cet encensement ne signifie rien, on encense par habitude, par principe, pour faire plaisir aux auteurs, aux acteurs, aux producteurs, à la chaîne de télévision, par intérêt... Ou bien les gens ne regardent pas avant d’écrire. Ou bien c’est cela qu’on attendait, cela qu’on avait envie de voir, une caricature. Car si Beauvoir, en effet, n’est qu’une empêcheuse de boire, de fumer, de baiser sans doute aussi, de vivre quoi, Sartre, me semble-t-il, n’est pas vraiment mieux loti. Plus sympathique qu’elle, c’est évident, mais agité, dévidant des analyses mécaniques, sans nuance (ah, chez Aron, en revanche, quelle subtilité, quelle finesse, quelle lucidité !) et pour tout dire assez bêtes. A se demander d'ailleurs comment ils pouvaient, les uns et les autres, être aussi bêtes, aussi crédules, aussi dogmatiques. |
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