Le blog de l'écrivaine féministe Martine Storti vous présente son roman, ses écrits sur le mouvement de libération des femmes après mai 68, sur le réseau francophone de l'éducation d'urgence, ainsi que sur d'autres sujets.
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Femmes afghanes...Taliban Version imprimable Suggérer par mail

Résolution adoptée
par 200 organisations de défense des droits des femmes et de la société civile afghane
Hôtel Intercontinental - Kaboul, Afghanistan, le 25 janvier 2010

Le 28 janvier 2010 va se tenir à Londres une conférence au cours de laquelle sera discuté un plan de négociation avec les taliban. Nous, ici réunis, organisations de défense des droits des femmes et de la société civile afghane, participant à ce rassemblement historique, avons acté les points suivants :

1.      En vertu du fait que les taliban ont de façon permanente violé les droits des hommes et des femmes de notre pays, et ce, pendant et après qu’ils ont été au pouvoir, nous exprimons clairement et fermement notre objection à toute négociation avec les taliban.
2.      Nous voulons la paix et la sécurité dans notre pays, mais nous affirmons que la Constitution afghane et la Déclaration internationale des Droits de l’Homme ne sauraient, en aucun cas, être soumises à un marchandage.
3.      Nul, y compris l’Etat afghan, n’a le droit de faire entrer dans l’appareil de l’Etat des criminels, des personnes qui ont violé les Droits de l’Homme et les Droits des femmes. En revanche, nous acceptons que ceux qui ont été contraints de rejoindre les taliban, puissent être soutenus et encouragés à quitter leurs rangs.
4.      Nous alertons la communauté internationale sur le fait qu’elle ne doit pas  subventionner un plan qui renforcerait les taliban terroristes. N’étendons pas, par la mise en œuvre de plans voués à l’échec, l’insécurité sur le territoire afghan.
5.      Nous estimons qu’il n’y a aucune différence entre les dirigeants taliban  et les dirigeants de l’organisation « sortie de l’enfer » Al Qaeda. Retirer les noms de taliban de la liste noire (liste du Comité 1267 des Nations Unies), veut dire qu’il faut aussi retirer de cette liste celui d’Oussama Ben Laden et des autres dirigeants d’Al Qaeda.
6.      L’Etat afghan et la communauté internationale ont la responsabilité et le devoir de soutenir et de protéger la libre expression, les Droits de l’Homme, les Droits des femmes et la démocratie dans le pays. Ces objectifs ne peuvent en aucune manière être atteints par la négociation avec les taliban.
7.      Nous exigeons de l’Etat afghan et de la communauté internationale de ne pas laisser l’Afghanistan replonger dans la situation où il était avant 2001: les valeurs démocratiques ne doivent pas être sacrifiées dans des marchandages politiques.
8.      Cette résolution en huit points a été approuvée à l’unanimité par les 200 organisations participant à ce rassemblement.

SIGNATAIRES: Parmi les associations : Anjoman Qhalam ; Anjoman naw Jwanan wa kodakan Afghan ; Anjoman Mahjoba é Herawy ; Confédération Majmoa-Jamea Madany ;  Dokhtaran Esargat; Etehadia Milly Jornalistan ; Jamaia Motahed Zanan-Afghanistan ; ONG Khedamat Ajtemae Zanan ; Mossessa Aali Naswan ; NEGAR-Soutien aux femmes d’Afghanistan …Parmi les personnalités politiques : Farida Tarana ; M. Sencharaki, porte-parole du Jabaï Motahde Melli ;  Razarq Mamon, écrivain et analyste politique ; M. Zariab et Saïdi, analystes politiques ; M. Binon, poète et responsable de l’ONG AKBAR ; M. Panchiri, 1er conseiller du ministère de l’Agriculture… Shafiqa Habibi, Makaï  Siawash et Habiba Amin du  « Moshareqate Siasi Zanan »; Farida Ebad, Soraya Hotak, Angelica Haïdar…militantes des droits des femmes.  Les députés, Mmes Saprina Saqreb ; Fawzia Koufi ; Rarhela Salim ; Nadjiba Sharif… M. Bhzat ; M. Orli …; le Sénateur Ezedya…Parmi les responsables de presse et journalistes : M. Razwani « Aqtedar-E-Melli »; M. Fahim Dashti « Kabul-weekly »; M. Motaher « Arman -E-Melli »; M. Sanjar Sahil « 8 Sobh »; M. Nazari « Mandgar »…M. Bari-Salam, responsable de presse de l’oragnisation « Awaan- é - ma »; M. M. Abdullah, conseiller juridique de TV-tolo; M. Tawidi, chargé de presse de la commission indépendante des élections ; M. Nouri, vice-président de l’association nationale des journalistes ; Fahim Kodamani, journaliste indépendant

 
A propos de l'identité nationale Janvier 2010 Version imprimable Suggérer par mail

Quelques pages extraites de mon livre paru en 2008: "L'arrivée de mon père en France" 

Et bien plus tard, tant d’années après l’enfance, alors que l’on venait de s’engager dans les deux dernières décennies du vingtième siècle, une ancienne rengaine fut remise au goût du jour. A nouveau on se mit à entendre ce que d’autres avaient entendu avant-guerre, dans les années trente du même siècle, oui à nouveau, comme dans les années trente, des voix s’élevèrent pour dénoncer ceux qui volent-le-pain-et-le-travail-des-Français, pour affirmer que l’identité nationale était menacée, pour décider ce qu’était être français.

Cela commença par un murmure, du côté de Dreux, beffroi 12 ème siècle, église Saint-Pierre du 13ème, chapelle royale Saint-Louis du 19 ème, rues pittoresques, maisons à pan de bois... Et en surplomb, sur les plateaux, des cités aux noms bien de chez nous, Les Chamards, Les prod’hommes, Le lièvre d’or, cités, tours, HLM, et dans ces HLM, des travailleurs, des ouvriers, pas bien riches, qu’ils soient français ou pas français. Sur les plateaux en effet, loin du Dreux de l’histoire de France, aussi des travailleurs immigrés, pas de ceux que des passeurs ont foutu sur un bateau qui s’échouera sur une île italienne ou espagnole, non, des types que les usines avaient fait venir par trains et camions, Renault, Philips, Radiotechnique... Alors ils étaient venus, de Turquie, du Maroc, d’Algérie, de Tunisie. Venus et restés.

Un murmure né du côté de Dreux, qui peu à peu s’amplifia, s’étendit, prit de l’importance, s’empara de beaucoup, sinon de tous. Les titres racoleurs ou intimidants, les interrogations pour effrayer, les analyses simplistes trouvèrent de la place, magazines, journaux, tracts, débats télévisés, campagnes électorales : Serons-nous encore français dans trente ans ? Jusqu’où ira la  colonisation de la France ? Qu’est-ce qu’être français ?

Ils faisaient semblant de poser la question, mais ils avaient la réponse. En vérité, ils ne se demandaient pas ce qu’est « être français », ce qu’est « l’identité française », ils voulaient surtout désigner ceux qui à leurs yeux n’étaient pas français, pas vraiment français, pas assez français, même s’ils étaient nés en France.

 Oui vinrent ces années qui furent pour elle assez terribles, un moment qui arriva sans qu’elle l’ait vu venir, sans qu’elle s’y attende. Elle n’attendait pas, en effet, qu’une extrême droite renaisse en France, quelque chose qu’on s’est mis à appeler « extrême droite » faute de mieux, faute d’une meilleure dénomination pour désigner ce mélange de vieux briscards de l’Algérie française, de tortionnaires de bicots, de nostalgiques de Vichy, de contempteurs de juifs et de francs-maçons agglutinés dans le Front national et maqués avec des types plus jeunes, « droite nouvelle », « nouvelle droite », des types hostiles au mélange, des types qui pensaient à la pureté, qui ne pensaient qu’à ça, pureté des races, des pays, des continents, pureté des différences.

Le débat alors reprit. Un débat ancien, un questionnement de décennies antérieures, d’avant-guerre. Etait-on français par le sang ? Par la naissance en France ? Par une ancienneté de présence sur le territoire hexagonal ? Par la maîtrise d’une langue et d’une culture ? Par l’adhésion à des idées ? A des valeurs ? A des principes ? Fallait-il faire la preuve de quelque chose ? Fallait-il prouver sa francité, montrer qu’on était français de part en part, à part entière, pas aux trois quart, pas aux deux tiers ? Français sans mélange, sans quelque chose venu d’ailleurs, de l’étranger.

Etranges étrangers, dit Prévert.

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Roman Polanski, Kouchner, Mitterrand...septembre 2009 Version imprimable Suggérer par mail

On peut juger que la récente arrestation de Roman Polanski en Suisse relève non d'un souci de justice mais d'un règlement de comptes helvético-américain qui n'a rien à voir avec Polanski. On peut demander pourquoi cette arrestation maintenant et pas plus tôt alors que Polanski va en Suisse fréquemment, y possédant une maison, nous dit-on. On peut estimer que la justice américaine fait preuve d'acharnement à son égard. Ou que même non jugée une affaire peut être prescrite et que 30 ans est une durée raisonnable. On peut aussi penser qu'après tout, puisque la victime, contre espèces sonnantes et trébuchantes, a retiré sa plainte, il conviendrait d'en rester là. Oui, on peut admettre toutes ces remarques. Admettre ne veut pas dire nécessairement les partager, juste les trouver admissibles, pouvant être prises en compte, sinon en considération.

En revanche ce qui est inadmissible, en tout cas moi je me permets de ne pas l'admettre, ce sont les arguments utilisés pour "défendre Polanski".

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14 juillet, du pain et des jeux (12 juillet) Version imprimable Suggérer par mail

La crise, quelle crise? Vous êtes une association, vous avez un projet, vous espérez une subvention de l'Etat ou d'une collectivité territoriale, n'y comptez pas trop, c'est la crise, les caisses sont vides, nous dit-on, on ne peut plus rien financer, faut se serrer la ceinture... Caisses vides, mais quand même assez pleines pour financer les incontournables fêtes du 14 juillet. Je ne parle même pas du défilé, dont je ne saurais même pas dire le coût, ni de la réception à l'Elysée, ni des diverses réceptions dans les mairies, les ambassades, les consulats...

Non je parle des festivités parisiennes, telles que nous les présente Le Monde dans son édition des 12 et 13 juillet. Côté Etat c'est le concert de Johnny Hallyday au Champ-de-mars, choix de la vedette par le président soi-même, 700000 personnes annoncées, coût de l'opération, dit Le Monde, 1,9 million d'euros pris sur les deniers du ministère de la culture. A quoi il faut ajouter les dégâts probables que subiront les pelouses du Champ-de-mars, soit 600 000 euros.

Côté mairie, c'est le feu d'artifice qui sera tiré de la tour Eiffel. Coût du "spectacle pyrotechnique": 500 000 euros. En additionnant ces chiffres, on arrive à la modique somme de 3 millions d'euros. Peut-être est-ce un peu plus ou un peu moins.

Quoi qu'il en soit, les deux opérations mélangées disent aussi qu'à droite comme à gauche, crise ou pas crise, on estime qu'il faut donner au peuple du pain mais surtout des jeux. Pardon des fêtes. Mais quelle idée se font-ils du peuple?

Juste une remarque qui n'a rien à voir. Alors que je suis en train d'écrire ces lignes, passe à la télé un reportage sur l'hôtel Emirates Palace à Abou Dhabi. Certaines suites, nous dit-on, y coûtent 7000 euros la nuit.

 
Julien Dray, Pierre Beregovoy, Pierre Berge... 28 juin 2009 Version imprimable Suggérer par mail

Il se peut que Julien Dray, co-fondateur de SOS-Racisme, député socialiste de l'Essonne, ex porte-parole du PS, soit innocent des malversations dont il est soupçonné, soit d'avoir perçu sur ses comptes bancaires personnels des fonds provenant de SOS-Racisme et de la Fédération indépendante démocratique et lycéenne (Fidl). Il se peut aussi que cette accusation soit en fait une "manipulation", ainsi qu'il l'affirme. Je l'ignore. Mon propos n'est pas de savoir si Julien Dray est innocent ou coupable, il est de faire un court commentaire d'un entretien publié par le Nouvel Observateur dans son dernier numéro, et titré "Dray met les pendules à l'heure".

  
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